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L’hydroélectricité

Publié le 17/05/2021

Plus de 1000 centrales valorisent l’énergie hydraulique des cours d’eau du bassin Adour-Garonne, produisant un quart de la production hydroélectrique française.
Les retenues d’eau associées représentent près de 2,5 milliards de m³ d’eau potentiellement exploitable.

étang de Gnioure

Une activité très présente

Depuis la fin du XIXe siècle, l’énergie de certaines rivières est transformée en énergie hydroélectrique grâce à l’installation de barrages et de centrales. On compte aujourd’hui en Adour-Garonne près de 1100 installations hydroélectriques, ce chiffre recouvrant toutefois des équipements de taille très différente. 10% d’entre elles produisent 90% de l’hydroélectricité.

Schémas de principe d’installations hydroélectriques - source ADEME

Production électrique

Souple, non émettrice de gaz à effet de serre, l’hydroélectricité complète la production d’origine nucléaire et sécurise le système national. En effet, les grandes installations permettent d’ajuster rapidement la production aux fluctuations de la demande électrique.

 

Réserve d’eau multi-usage

Un autre aspect très important est que l’eau stockée dans les grands réservoirs hydroélectriques peut être en partie utilisée en période d’étiage pour réalimenter les cours d’eau et, ainsi, y maintenir des débits suffisants.

Les grands réservoirs hydroélectriques de montagne représentent 166 millions de m³ mobilisables pour le soutien d’étiage sur la Garonne, le Lot, le Tarn, l’Aveyron, l’Adour et le système Neste. Ces volumes s’avèrent très utiles pour compenser les différents prélèvements et assurer le bon fonctionnement des milieux aquatiques. D’après une étude prospective récente, le volume d’eau issu de ces réservoirs qu’il serait souhaitable de mobiliser en période estivale pourrait atteindre 400 Mm³ en 2050. Leur rôle est donc amené à évoluer dans la recherche d’un équilibre quantitatif entre les besoins en eau pour les différents usages et les ressources disponibles.

 

Plans d’eau attractifs

Les lacs de barrage sont aussi attractifs pour les loisirs et le tourisme de nature, tant d’un point de vue paysager, que pour les diverses activités que l’on peut y pratiquer : baignade, promenade, sports nautiques… Ils contribuent au développement économique des territoires.

8 000 MW de puissance cumulée

15 000 GWh/ an produits en moyenne

2,5 milliards m3 d’eau exploitable et stockée dans les grands barrages

Les impacts des ouvrages hydroélectriques

L’exploitation des centrales hydroélectriques a des impacts sur l’écosystème aquatique du bassin qui abrite une biodiversité remarquable, ainsi que sur le bon état des eaux et des milieux aquatiques, pour lequel la France est engagée vis-à-vis de l’Europe.

Les installations hydroélectriques ont modifié, parfois de façon irréversible, l’état et le fonctionnement des cours d’eau sur lesquels elles ont été implantées, avec des effets cumulés aggravants. La nature et l’importance des impacts liés à ces aménagements dépendent de leurs caractéristiques et des modalités de leur gestion.

 

Les effets des aménagements hydroélectriques sur les écosystèmes aquatiques et le bon état des eaux concernent notamment le régime des eaux, ainsi que la continuité sédimentaire et celle des espèces.

Effets sur le régime des eaux

Les prélèvements effectués par les prises d’eau et les barrages pour faire fonctionner les usines hydroélectriques privent les cours d’eau d’une partie de leur débit ce qui réduit et change les conditions d’écoulement et limite les habitats disponibles pour la vie aquatique.

Les grands réservoirs stockent l’eau en période d’abondance et modifient la saisonnalité et la répartition temporelle des écoulements. Les lâchers d’eau des usines hydroélectriques, appelés « éclusées », provoquent des variations soudaines et artificielles de débit.

Effets sur la continuité sédimentaire

L’accumulation et le stockage de sédiments apportés durant les crues entraînent un déficit de matériaux (gravier et galets) à l’aval, appauvrissant le milieu (disparition des caches et des zones de fraie pour les poissons).

Effets sur la continuité des espèces

En limitant ou en stoppant complètement la circulation des poissons, les petits et les grands obstacles perturbent le cycle de vie des espèces migratrices et les équilibres biologiques.

Le rôle de l’agence de l’eau

L’agence de l’eau Adour-Garonne intervient en concertation avec ses partenaires pour trouver les équilibres nécessaires entre la production hydroélectrique, les autres usages de l’eau et la préservation et la restauration des milieux aquatiques.

Elle perçoit une redevance des producteurs hydroélectriques qui contribuent ainsi au dispositif de solidarité de bassin prévu par la loi. (lien hyper texte sur redevance)

L’importance de l’hydroélectricité dans le bassin Adour-Garonne a conduit l’Agence à développer des partenariats avec les producteurs d’hydroélectricité, les établissements publics territoriaux de bassin (EPTB) et les services de l'État. Il est possible de mieux anticiper et de limiter les pressions exercées par l'hydroélectricité sur l'eau et les milieux.

Études et travaux d’intégration environnementale

Dans le cadre de son programme d’intervention , l’Agence apporte une aide financière pour la réalisation d’études et de travaux aux exploitants favorisant l’intégration environnementale des installations. Il s’agit notamment de respecter la réglementation relative au classement des cours d’eau et de restaurer la continuité écologique des cours d’eau.

Gestion équilibrée de la ressource

Dans le cadre de la recherche d’une gestion équilibrée des ressources en eau, l’Agence finance en particulier le soutien d’étiage des cours d’eau depuis les grands réservoirs hydroélectriques. La mise à disposition de ces volumes est organisée via des conventions technico-économiques pluriannuelles associant le maître d’ouvrage du soutien d’étiage (généralement une collectivité territoriale), l’État, le concessionnaire et l’agence de l’eau. Cette mise à disposition se fait moyennant une indemnisation financière au concessionnaire, assimilable à la rémunération d’un Service d’intérêt général économique. Par exemple, le lac d’Oô (près de Bagnères-de-Luchon en Haute-Garonne) est le deuxième site touristique des Pyrénées le plus visité. Sa retenue sert aussi à maintenir des débits suffisants dans la Garonne en été.

Ces indemnisations représentent environ 4 M€/an, couverts pour moitié par l’agence de l’eau, et pour le restant par les collectivités, ainsi que par la participation des usagers bénéficiaires lorsqu’il existe une déclaration d’intérêt général.

Réduction de l’impact des éclusées

Les variations artificielles de débit liées aux éclusées (lâchers d’eau pour le fonctionnement des installations hydroélectriques) perturbent les écosystèmes et les autres usages de l’eau. Ce sujet important est abordé dans le cadre de concertations entre les acteurs. Sur la Dordogne, celle-ci a permis d’aboutir à des adaptations dans la gestion des ouvrages pour améliorer les conditions de reproduction des saumons, de navigation et d’activités touristiques.

Réduire l'impact des éclusées : l'exemple sur la Dordogne avec EDF

Deux sujets prioritaires pour les années à venir

Deux sujets majeurs faisant débat au sein du comité de bassin, instance politique du bassin, donnent lieu à un suivi et à des échanges réguliers.

La restauration de la continuité écologique des cours d’eau

Un groupe de travail permet de partager les informations concernant les fondamentaux techniques et les savoirs-faire nationaux, les études en cours et les résultats d’études en lien avec le sujet (retour d’expérience sur l’arasement d’ouvrages, indicateurs piscicoles, suivi anguilles,…).

La refonte du modèle économique du soutien d’étiage vis-à-vis des grands opérateurs d’hydroélectricité

La réflexion engagée avec l’appui des Régions, dans le cadre de l’Entente pour l’eau du grand Sud-Ouest est étroitement liée aux évolutions réglementaires et structurelles concernant ces opérateurs. Un travail est en cours, associant l’ensemble des partenaires concernés, afin de décliner la mise en œuvre de ce nouveau modèle à l’échelle des territoires. Les établissements publics territoriaux de bassin (EPTB) sont amenés à jouer un rôle central sur le sujet.