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L'Entente pour l'eau

Publié le 15/12/2020

Face aux enjeux du changement climatique dans le bassin Adour-Garonne, les deux régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, le comité de bassin et l’agence de l’eau, ainsi que l’État ont décidé de se mobiliser et de constituer une Entente pour l’eau.

Entente pour l'eau

Création de l'Entente pour l'eau en 2018

En avril 2018, Martin Malvy, président du Comité de bassin Adour-Garonne, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Pascal Mailhos, préfet de bassin et de la Région Occitanie, ont décidé un engagement fort pour l’eau du grand Sud-Ouest. Leur leit motiv est de considérer à présent l’eau comme la « grande cause du Sud-Ouest ».

Une démarche exemplaire pour faire face aux enjeux et à l’urgence climatique

Cette forme de coopération originale entre les partenaires vise à répondre efficacement à l’urgence climatique pour contribuer à garantir la ressource qualitative et quantitative sur le bassin et éviter les conflits d’usages. Elle démontre la prise de conscience des pouvoirs publics concernant l’ampleur de l’adaptation au changement climatique pour un territoire qui y est particulièrement vulnérable.

Les partenaires de l’Entente pour l’eau se fixent des objectifs communs avec une « feuille de route » qui recouvre les diverses adaptations qu’impose le changement climatique comme :

  • un plan d’économie d’eau pour les différents usages,
  • le développement des mesures fondées sur la nature,
  • l’optimisation des réserves existantes et la mobilisation de ressources supplémentaires pour sécuriser les différents usages,
  • la lutte contre l’artificialisation et l’érosion des sols.

L’impulsion politique donnée par l’Entente permet aussi de s’emparer de problématiques émergentes (comme la réutilisation des eaux usées traitées, la renaturation des villes par la désimperméabilisation des sols ) ou de rendre visibles des problématiques plus anciennes (économies d’eau, gestion des zones humides) en les raccrochant à des enjeux qui font sens pour les équipes techniques et pour le grand public.

 

Les actions engagées

Dès 2018, en se dotant d’un plan d’adaptation au changement climatique (PACC ), le comité de bassin a défini la  stratégie de gestion de la ressource et de réduction de la vulnérabilité du bassin Adour-Garonne face au changement climatique.

En 2019, la feuille de route de l’Entente et le PACC ont été prolongés par un plan d’action qui met en synergie les moyens de l’Agence, des Régions et des services de l’État. Des mesures d’adaptation au changement climatique sont proposées pour sécuriser la ressource en eau sous forme d’appels à projets communs aux partenaires. Le rapprochement des services de l’Agence, de l’État et des Régions facilite la mise œuvre des actions.

Les appels à projet

Des appels à projets ont été lancés ou sont en cours de conception sur les domaines suivants :

  • protection des zones humides,
  • économies d’eau des industriels, des agriculteurs
  • filières industrielles et agricoles efficientes en eau et  en intrants
  • renaturation des cours d’eau
  • désimperméabilisation des sols,
  • réutilisation des eaux usées traitées.

 

Ces appels à projets sont complétés par des actions qui permettront de faciliter  les adaptations au changement climatique :

- des actions de connaissance, avec le lancement d’études sur la prospective agricole, sur les retombées socio-économique de l’irrigation, sur la prospective de la ressource en eau en 2050. Cette dernière montre à quel point il sera nécessaire d’utiliser des solutions multiples et complémentaires pour préserver un équilibre entre les besoins et les ressources selon chaque situation locale. Les données sont consultables sur le système d’information pour l’eau (SIE).

- des actions de gouvernance, avec  une coordination pour la mise en place d’une gouvernance Garonne et la mobilisation sur les PTGE ( projet de territoire de gestion de l’eau)

- des actions de sensibilisation, de veille, avec la mise en place d’une plateforme des bonnes pratiques pour l’eau du grand sud ouest ;

L'appel à projet le plus avancé est celui sur les zones humides : près de 80 candidats ont déposé un dossier, parmi lesquels 42 lauréats ont été retenus pour des projets de travaux  estimés à plus de 15 millions d’euros avec une participation financière de l’Agence de 6.5 millions d’euros et des régions de 5.4 millions d’euros, ce qui permettra de restaurer plus de 3000 ha de zones humides.

De nombreux syndicats de rivière se sont ainsi mobilisés sur des projets d’envergure, ce qu’ils n’auraient pas été en mesure de faire sans les modalités d’aides très incitatives de cet appel à projets. Les interventions envisagées à une large échelle vont permettre d’avoir de réels impacts sur la préservation des services rendus par les zones humides, pour une meilleure résilience des territoires concernés.

Projets Entente pour l'eau

Restauration des zones humides de Barguelonne, Lemboulas  -Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie
 

Suite aux dégradations des zones humides occasionnées par  des pratiques agricoles intensives, un programme ambitieux de travaux va être lancé sur 18 sites parmi lesquels 2 sites feront l’objet d’une acquisition foncière  Ce projet  s’intègre dans des plans pluriannuels de gestion des cours d’eau de ce territoire  ;  il fera l’objet d’un suivi de la qualité de l’eau et des services associés ainsi que d’une  sensibilisation et d’un  partage d’expériences.

 

 

Restauration des zones humides de l’Antenne et Soloire* - Syndicat Mixte des bassins Antenne, Coran, Soloire, Romède – Nouvelle-Aquitaine

Face à la vulnérabilité du territoire aux orages et aux inondations qui en découlent, un  programme de restauration de haies, de création de talus,… permettra d’optimiser  le rôle de rétention et de régulation de l’eau par les  zones humides de ce territoire, en permettant à la fois le stockage et le ralentissement de l’écoulement de l’eau. Ce projet permettra également de renforcer les services en faveur de la biodiversité, d’une agriculture durable, et du stockage de carbone.

L’Antenne et la Soloire sont des affluents de la rive droite de la Charente

 

250 millions de m3/an de déficit en eau par rapport aux besoins actuels sur le bassin

1.25 milliards de m3/an de déficit en eau par rapport aux besoins estimés en 2050

1 million d'habitants en plus sur l'axe Garonne en 2050

Pascal Mailhos, Préfet de bassin, Martin Malvy, Président du comité de bassin Adour-Garonne, Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, ont formalisé le lancement d'une action commune sur les enjeux de la ressource en eau dans le grand Sud-Ouest et transformé le G4 qu'ils avaient constitué précédemment, en une entente pour l'eau du bassin Adour-Garonne.

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