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Les agriculteurs peuvent-ils préserver l'eau et gagner leur vie ?

AVRIL 2024
C’est une problématique agricole qui est devenue un véritable sujet de société : comment préserver l’eau, garantir un partage équitable de cette ressource, tout en permettant aux agriculteurs de vivre de leur métier ? Autour de notre journaliste Laetitia Langella, nos invités vont évoquer les solutions existantes pour mettre en lumière les enjeux et défis de l’agriculture de demain.

A découvrir dans cette nouvelle édition de TEMP'O

« #6 [Temp'O le mag de l'eau] Les agriculteurs peuvent-ils préserver la ressource et gagner leur vie ? »

Comment les agriculteurs peuvent-ils préserver l'eau et gagner leur vie ?

Les experts de cette sixième émission

Luc SERVANT
Président de la Chambre Régionale d’agriculture Nouvelle-Aquitaine
Manuella BROUSSEY
Coordinatrice territoriale bassin de la Charente
Paul CARRERE
Président de l’Institution Adour, vice-président du Conseil départemental des Landes

« Gestion durable de l'abreuvement du bétail dans le causse Méjean »

En Lozère, le causse Méjéan connait depuis de nombreuses années des tensions récurrentes sur le réseau de distribution d’eau potable en période estivale notamment. L’abreuvement des bêtes, s’ajoutant à la consommation de la population locale plus importante en période estivale, devient un enjeu de partage de la ressource pour éviter les difficultés d’approvisionnement en eau potable. Moins de 2 ans après la crise de 2022, la collectivité en charge de l’eau potable a porté le projet collectif de réduction des besoins en eau potable des exploitations agricoles par la substitution des besoins d’abreuvement du cheptel et stratégie globale de sobriété. 
36 exploitations agricoles volontaires permettront de réduire de 30% en moyenne les prélèvements sur l’unité de distribution d’eau potable du causse Méjean avec des économies d’eau potable de l’ordre de 25 000 m3/an. 

 

Cette démarche territoriale structurante qui a permis de s’interroger sur le partage de l’eau et la sécurisation des activités d’élevage devrait se reproduire dans d’autres territoires du bassin dans le cadre du protocole d’accord sur l’abreuvement des cheptels, signé le 28 février, en présence de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

« Réutiliser les eaux de géothermie pour irriguer les champs et préserver la rivière »

Le bassin Adour-Garonne voit partout baisser les débits naturels de ses rivières depuis au moins 50 ans, et particulièrement en période d’étiage. Les mesures montrent que sur les grandes têtes de rivières de la Garonne, de l’Adour, de la Charente, du Lot, de la Dordogne et du Tarn-Aveyron les débits d’étiage ont baissé de 5 à 12% par décennie depuis les années 70.

 

C’est l’enjeu, par exemple, en région Nouvelle-Aquitaine, du projet de territoire du Midou validé par le Préfet qui met en œuvre l’ensemble de ces leviers, et qui a permis notamment de réutiliser en agriculture 300 000 m3 d’eau venant du forage géothermique de la ville de Mont-de-Marsan qui était auparavant rejeté à 45°C dans la rivière. Financé à 50% par l’agence de l’eau, le projet a permis de sécuriser l’irrigation de 137 ha tout en soulageant la rivière Midou puisque les anciens prélèvements ont été arrêtés : c’est un bon exemple de substitution locale bénéfique au milieu et aux usages dont l'usage agricole.

Partager l'eau l'été dans un climat qui change

La gestion de l’eau l’été fait partie des grands enjeux du bassin Adour-Garonne. Face au changement climatique, à l’accélération de l’activité humaine et pour maintenir nos usages quotidiens et économiques en toute saison, différentes solutions s’offrent à nous. « Le rôle de l’agence de l’eau, c’est de préserver le bon état des masses d’eau tout en recherchant un équilibre durable avec les besoins des activités humaines », explique Bastien Richard, expert ressources en eau-hydrologie.