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Bassin versant de la Charente
Retour d'expériences et défis futurs face aux crues de la Charente
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La Charente, fleuve de plaine à faible pente, a connu début 2026 une nouvelle crue exceptionnelle, marquant les esprits par son intensité et surtout sa durée. Avec 300 mm de pluie en un mois et demi, cumulés à 260 mm tombés fin 2025, les sols saturés ont provoqué des inondations en cascade. Saintes, Angoulême et Cognac ont été particulièrement touchées. À Angoulême, trois pics de crue se sont succédé ; à Cognac et à Saintes, la montée des eaux a été plus progressive mais durable, avec des submersions dépassant 15 jours dans certaines zones. À Saintes, 2 600 logements ont ainsi été impactés.
Un fleuve sous pression
La géographie de la Charente, caractérisée par une très faible pente, à peine 3 cm sur 45 km entre Saintes et Rochefort, ainsi que par des méandres prononcés et un lit mineur étroit, accentue fortement le risque d’inondation.
L’urbanisation du XXᵉ siècle, notamment à Saintes, a bloqué les écoulements naturels, transformant la ville en "verrou" retenant les eaux.
Solutions et limites
Face à ces défis, les acteurs locaux misent sur :
- Le ralentissement des écoulements en amont (haies, zones tampons, pratiques agricoles).
- La restauration des zones d’expansion de crue pour absorber les excédents.
- La réduction de la vulnérabilité (rehaussement des réseaux électriques, clapets anti-retour, matériaux hydrofuges).
Cependant, ces mesures montrent certaines limites et appellent à un renforcement de l’action. Dans cette perspective, la loi Gemapi de 2016, fondée sur la solidarité entre amont et aval, appelle encore une mise en œuvre plus complète.
L’urgence d’un changement de paradigme
Avec 5 crues majeures en 20 ans, dont 3 en 5 ans, la récurrence des événements interroge.
La Charente, laboratoire des inondations lentes, appelle à repenser l’urbanisme et à accélérer les actions collectives.
On ne peut plus seulement gérer la crise, il faut anticiper son retour.