Bassin Adour-Garonne
Edito Septembre 2026
#152
"Pour la première fois, la Garonne est en crise : dernier niveau d'alerte avant que l'eau ne cesse de couler au robinet."
Elodie GALKO, Directrice de l'agence de l'eau Adour-Garonne
Pour la première fois, la Garonne est en crise : dernier niveau d'alerte avant que l'eau ne cesse de couler au robinet.
L'été 2026 marque un tournant pour l'adaptation au changement climatique en France et dans le Grand Sud-Ouest.
Par sa précocité, son intensité et les pressions inédites qu’il fait peser sur la ressource en eau, cet événement doit nous faire mesurer l’ampleur des efforts à fournir.
Dans notre bassin, de nombreux territoires se sont retrouvés en situation de crise. Des cours d’eau se sont asséchés, les débits se sont effondrés, des milliers d’habitants sont concernés par des tensions sur l’eau potable, les usages sont encore restreints dans près de 94 % des territoires du bassin et la Garonne est entrée "en crise".
Cette situation, n'est qu'un aperçu du futur et de ce que nous disent les prévisions aux échéances 2030, 2050 ou 2100, si rien n’est fait.
Les évolutions climatiques sont désormais à l’œuvre et nous pouvons tous mesurer leur réalité. Face à cette donne, nous avons les moyens d’agir : de réduire les impacts, de renforcer la résilience et de préserver la qualité de vie des générations à venir.
Dans cette entreprise, la gestion de l’eau s’impose comme un levier structurant, source de solutions concrètes, efficaces et accessibles à tous les territoires.
Les solutions sont là mais nous devons les déployer à grande échelle. Elles commencent par la sobriété, car chaque goutte économisée est une goutte préservée. Elles reposent sur une meilleure gestion de la ressource disponible : favoriser la recharge des nappes, restaurer la capacité des sols et des milieux naturels à infiltrer et stocker l’eau, retenir l’eau dans des retenues lorsqu’elle est abondante pour la mobiliser lorsqu’elle se raréfie ou encore développer la réutilisation des eaux usées traitées.
Partout, des initiatives démontrent que l’adaptation est non seulement possible, mais déjà en marche. Des expérimentations de recharge des nappes produisent des résultats encourageants. Des collectivités réutilisent l’eau traitée pour certains usages, tandis que des industriels réduisent fortement leurs prélèvements grâce à des systèmes en circuit fermé. Là où les milieux ont été renaturés, ils ont mieux résisté. Quand les cours d’eau sont réalimentés par des barrages, milieux et usages ont été préservés...
Anticiper plutôt que subir, coopérer plutôt que réagir dans l'urgence : c’est à cette condition que nous renforcerons la résilience de nos territoires et préserverons durablement notre qualité de vie.